Iron Man 70.3 Cozumel – 23 septembre 2012

Cozumel, Quintana Roo, Mexico, c’est la destination choisie pour prolonger un peu cet été 2012 et terminer la saison de triathlon. Au programme un Half Iron Man puis 10 jours de vacances dans la péninsule du Yucatan avec comme camp de base l’hôtel la Pasion (prometteur, non ?) à Playa del Carmen.

Arrivés le mercredi 19 au soir à Cancun, nous passons 2 nuits à Playa del Carmen. Tout de suite, ce qui choque c’est que cette ville est coupée en 2. D’un côté, la côte et la cinquième avenue réservées aux touristes européens et surtout américains. De l’autre, le reste de la ville, beaucoup plus intéressant, qui reste la propriété des locaux, les prix y sont beaucoup plus bas et l’ambiance est encore mexicaine. J’éprouve une certaine gène à débarquer ici avec mon matos de milliardaire et à bloquer toute une île pendant une matinée pour pouvoir pratiquer mon sport favori mais quand je vois la ferveur locale, quand je vois tous ces sourires, je me dis, comme les autres, que c’est une bonne chose pour le développement local et que ça leur fait plaisir de nous accueillir. Ca me donne bonne conscience.

Vendredi, nous prenons le bateau pour Cozumel. Sur le pont arrière, il y a des vélos de chrono à foison, un groupe de rock local anime la traversée, alternant entre standards anglo-saxons et répertoire latino. On n’échappe pas à la Bamba!!!

Vers midi, nous arrivons au Bed & Breakfast Amarento, pas de temps à perdre, c’est parti pour un premier tour sur le parcours vélo.

Samedi matin, repérage officiel du parcours natation, la mer est calme et chaude, nous nageons sans combi. Au moment de prendre le chemin du retour, un fort courant nous surprend, je nage en travers et vise un point B pour atteindre le point A. Cécile, visiblement moins douée en géométrie maritime, se fait surprendre par une bouée déchainée et lutte pour se dépêtrer de son bout de fixation. Un piroguier arrive à la rescousse mais la sirène s’en sort seule. Le ciel est menaçant, les averses se succèdent, transformant rapidement les routes en torrents car dans cette région, quand il pleut, il pleut…

Dans l’après-midi, quelques petits tours de pédales et on dépose les bikes au parc, situé à une vingtaine de kilomètre de notre B&B.

Dimanche, il est 4h30 lorsque sonne le réveil, le temps de chausser les tongs, de prendre le matos et direction le départ des bus qui se trouve à 1,5km de notre B&B. Le jour ne s’est pas encore levé, les taxis sillonnent les rues, il fait déjà lourd. Nous arrivons au bus stop et là, Cécile me regarde avec un air à la fois paniqué et énervé et m’annonce : « J’ai oublié mes chaussures de vélo ». Inutile de réfléchir ou de discuter, je dois assumer mon statut de « Mâle », je fais demi-tour et parcours les 1,5km qui nous séparent du B&B avec mes tongs de luxe. Arrivé à la chambre, je chausse les runnings, prends les chaussures de vélo, des pesos et rejoins ma belle. Les bus sont tous partis, nous chopons un taxi, plus de peur que de mal.

Derniers préparatifs dans le parc puis direction le ponton de départ de la nat. Ce ponton entoure un bassin où s’illustrent des dauphins sous les yeux ébahis de touristes internationaux (dont nous faisons partie). Je m’interroge sur le bien fondé de ce type de pratique, la place des dauphins n’est-elle pas ailleurs que dans ce bassin ? Je ne pousse pas plus loin ma réflexion et profite du spectacle, comme beaucoup…

Le départ natation se fait par vagues, ça se passe sans encombres, je me sens bien dans l’eau et profite du moment.

Le parcours vélo est tout plat et consiste en 5 lignes droites, sur un total de 90km, je vous laisse calculer la longueur de chaque ligne. Ok, pour les littéraires, ça fait du 18km par ligne.

Transition, perception des baskets et là, ça fait très mal. Cécile part au galop, j’ai les plus grandes difficultés à trotter et je me dis que le pas risque d’être mon allure du jour.  Je lutte contre la chaleur et entame une sorte de rituel salvateur. A chaque ravitaillement, je bois Coca ou boisson énergétique mais surtout, je chope 2 plastiques remplis d’eau que je garde précieusement. Au bout de quelques instants je me verse le premier sur la tête puis, j’attends d’avoir en visu la tente du prochain ravito pour me verser le second. Je répète cette opération une vingtaine de fois et parviens ainsi à garder un semblant de foulée. Le public est nombreux et enthousiaste, ils nous galvanisent à coups de « Animo !!! » (courage).

Durant toute la course, j’ai guetté les mollets des mecs tatoués de la lettre F qui symbolise notre catégorie, ils ne sont pas nombreux autour de moi. Cécile m’a répété qu’une qualification pour Vegas n’était pas impossible et finalement, à force de l’entendre me dire ça, je commence à y penser.

Je passe la ligne, Cécile m’attends, elle a encore fait une très belle course et me colle une minute dans les dents, comme à Monaco.

On s’informe sur nos classements respectifs dans nos catégories, elle est 3ème, je suis 10ème . Pour elle c’est bon, il y a 4 slots, pour moi c’est potentiellement jouable au roll-down. On retire des tonnes de pesos en se disant que si slots il y a, on ne les manquera pas.

Soirée de remise des prix, les résultats officiels sont affichés, nos classements confirmés. Il y a quand même une surprise et elle est de taille, il n’y a plus que 2 slots dans la caté de Cécile et il y en a désormais 7 dans la mienne. Coup de stress vite dissipé, Cécile est reclassée 2ème, la nana qui la précède ayant squizzé 40 km à vélo. Elle prend le méga trophée, le slot et ira donc pour la seconde fois à Végas.

Dans ma caté, les slots partent comme des petits pains, sur les 7 premiers, 6 le prennent. Au mieux il y en aura un au roll-down. La remise des slots est confuse, Cécile me dit de m’approcher des organisateurs pour ne pas me faire souffler une éventuelle qualif. J’arrive au pupitre des organisateurs où un mec met la pression pour qu’on boucle l’attribution des slots dans sa caté qui s’avère être aussi la mienne. Au moment ou un organisateur sort la feuille M40, il lance « Soy Once ». Je le regarde, je repense à Mme Deschamps, professeur d’Espagnol au Collège des Savarières à St Sébastien sur Loire qui a toujours cru en moi (séquence Nostalgie…) et je lance un fatal : « SOY DIEZ ». Le mec est dégoûté, je jette un œil à droite, je tends une oreille à gauche, pas de ocho, pas de nueve, je sors la tune, je signe le papier, nous irons ensemble à Las Vegas en septembre 2013.

Cette qualification inespérée il y a peu, ressemble à l’accomplissement sportif de ma vie (à mon âge, il était temps…), je suis heureux de pouvoir vivre de l’intérieur un tel événement, Las Végas c’est un peu mon Hawaï à moi…

On range les vélos, on rejoint le continent et on profite des beautés des caraïbes, on pense plongée, plage, tyroliennes , sites archéologiques, totopos, fajitas, mojitos et un peu moins triathlon.

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