Bordeaux-Paris – 31 mai 2014

Francois Bordeaux ParisPour la première fois, j’ai décidé d’ouvrir mon blog à un ami. François, son truc, c’est le vélo. En 2009, lorsque je l’ai connu, il reprenait le sport tranquille mais était plus accro à la bonne bouffe, aux bonnes bouteilles et aux cigarettes. Il y a un peu plus d’un mois, notre François s’est offert le luxe de rejoindre d’une traite Bordeaux à Paris, cet exploit il a accepté à ma demande de vous le raconter, peut-être que cela donnera des idées à certains… A quelques jours du départ du tour, faire la place belle aux cyclos, ça me semble classe, non? Assez parlé, place au spectacle!

C’était il y a 1 an, un email : Bordeaux-Paris, vivez l’expérience. Ah ouais, quelle expérience ? 1 clic et c’est dans ma tête, comme un objectif inatteignable …. Puis je l’ai atteint 😉

En 2013, mon objectif c’était paris-Bayonne, 10 jours de vélo et près de 1 800 km avec plus de 20 000m de D+, cette année c’était bien différent, pas assez de temps pour une longue cyclo, j’ai donc choisi Bordeaux-Paris, la formule Raid, en moins de 32h pour 610 km.

Départ était donné de Bordeaux le 31 mai pour un « one way » to Paris ! Temps magnifique, nous étions environ 500 avec quelques têtes connues certes mais pas de partenaire attitré, j’ai donc pris la route seul dans le peloton. Equipé pour la journée, puisqu’à mi parcours nous avions accès à nos sacs. Premiers 100 sur les chapeaux de roue, bien décidé à rester dans la roue d’un bon groupe, il fait beau, le vent est favorable et le plaisir est là. Premier ravito tranquille, beaucoup d’eau et des cacahuètes 😉 Deuxième 100 à bon rythme quand tout à coup c’est le drame… Une crampe mollet gauche, puis une crampe cuisse droite, je bois, je respire mais ça ne part pas. Je perds le groupe dans lequel j’étais, les crampes empirent et la perspective de l’abandon nait …. Finalement après quelques arrêts, beaucoup d’eau et de ténacité j’arrive au KM 310, mi parcours.

Comme je l’avais prévu dès le départ, je me change pour la nuit (nouveau cuissard , nouveau maillot, manchette et éclairage), j’en profite même pour prendre une rapide, mais BONNE douche. Puis je mange, commence à chercher un groupe pour partir, il est aux alentours de 22h30, la nuit est noire et envoutante. Les crampes sont encore là, je vais voir des jeunes kinés qui sont là, elles me massent 5 minutes, déclenchent les crampes à nouveau et me nourrissent de bananes : tu vas y arriver, ça va aller me disent elles. Je me rhabille, me couvre, allume les lights de nuit, attrape un groupe et c’est reparti. Je n’aurai plus une seule crampe jusqu’à la fin : merci à elles !

Ce roulage de nuit était pour moi une première et ce fut une expérience GENIALE. La nuit on est porté par le silence, on est dans un état très particulier et comme on a une visibilité à 50/100 mètres, il n’y a aucune pression sur les dénivelés. C’est difficilement descriptible mais je conseille à chacun d’essayer. 5h de roulage magique quand tout à coup ce fut l’aube, en pleine Beauce, puis le jour et un magnifique soleil qui arriva si vite. Même si la fatigue commençait à se faire sentir, pas d’envie de dormir.

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Avant dernier ravito, il est environ 8h du matin, il reste 120 bornes, on y est presque,ça sent la Vallée de Chevreuse . Panneau des 100 ! Je n’ai plus de doutes, je vais aller au bout. Quand tout à coup, le gars que je suivais a un moment d’inattention, prend un nid de poule et m’entraine dans sa chute … Dans ma tête c’est le bronx … et si je ne repartais pas. Je me relève, sans douleur apparente, je check mon vélo : le pneu est entaillé sur 5 cm et la chambre morte. Je vide ma colère en hurlant sur celui qui m’a fait tomber (facile vous me direz mais après 500 bornes tu ne te maitrises pas trop …). Puis je tente une réparation de fortune, avec bouts de chambres, rustines et huile de coude et ÇA MARCHE. Je repars après 40 minutes perdues tellement heureux.

Dernier ravito, il reste 50 bornes mais pas des moindres : la Vallée de Chevreuse. La côte de Clairefontaine me fait mal, les 17 tournants me paraissent eux tout simples 😉 Les 50 derniers kilomètres sont mangés facilement en un peu plus de 2h40 tout de même. L’arrivée se fait au vélodrome National à Saint Quentin, Ingrid et les enfants m’attendent, je suis heureux.

J’ai roulé 610 km et passé 27h sur la route (24 heures de roulage environ). Collation vite avalée, massage, douche et forte douleur aux cötes. Finalement j’apprendrai 48h plus tard que j’en ai une de fêlée suite à ma chute : 4 semaines de break imposée. Au terme de cette épreuve, j’ai des envies de plus long, plus longtemps, plus vite … à suivre donc.

For the glory and the pain of a good ride.

Merci à ceux qui m’ont soutenu pendant cet effort et cette préparation, et un remerciement tout spécial à Vincent pour ses conseils avisés.

François Château

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