Embrunman : Le Mythe

  • Course : Embrunman
  • Lieu : Embrun (05)
  • Résultat : 412ème /1181 (34,88%)
  • Temps : 14h08’56
  • Taux d’auto-satisfaction : 100%

Certains se lancent sur l’Embrunman sans trop réfléchir, dés les premières années de pratique, en se disant que ça passera ou que ça cassera. Pour ma part, l’histoire est toute autre puisqu’il m’aura fallu plus de 10 ans pour me lancer dans l’aventure. Pourtant, dés 2013, après l’Ironman de Nice, il était déjà clair dans mon esprit que ma prochaine course sur ce format serait Embrun. Le cru 2019 et la 36ème édition de cette course mythique aura donc été la bonne.

Afin de mettre toutes les chances de mon côté, je décide de me donner les moyens de mon ambition dés le mois de février ; coaching personnalisé, stages à Lanzarote et Fréjus, attention accrue sur mon alimentation et mon sommeil, reconnaissance du parcours (déjà parcouru en 2011) et  bien sûr, volume d’entraînement conséquent.

Malgré cela, j’appréhende cette course comme aucune autre. Il faut dire que la reconnaissance du parcours vélo incite fortement à l’humilité et la banderole suspendue à l’entrée de la ville indiquant qu’il s’agit du « triathlon le plus difficile au monde » n’arrange rien à mon affaire (je vous entends déjà polémiquer sur cette affirmation qui n’a de valeur que pour celui qui l’énonce…).

Après quelques péripéties automobiles, notre 308 n’étant pas décidée à rejoindre les Hautes Alpes, nous arrivons à Embrun le 13 au soir. La journée du 14 est consacrée au retrait des dossards, aux derniers entraînements TRES souples et au repos.

Jeudi 15 août, 4h15, le réveil sonne, c’est le moment fatidique, il faut y aller ! Dans le parc à vélo, je retrouve Greg et sa bonne humeur habituelle, sa présence me permet de sortir un peu de mon stress et donc de mieux profiter de ce moment d’exception. Je suis au départ de l’Embrunman, la natation nocturne au milieu des montagnes et d’un public déjà nombreux, c’est maintenant ! Pas question de prendre des risques et de faire le Kakou, je me place en retrait des premières lignes où la bataille risque d’être virile. La lumière au bout du lac et la rapide levée du jour facilitent l’orientation, je me serais bien passé du snorkeling au milieu des algues vertes mais pour le reste tout se passe bien malgré une forte densité de nageurs tout au long du parcours. Mon cerveau est en ébullition permanente, je ne peux cesser de penser à ce qui m’attend par la suite.

Je sors de l’eau en 1h10, le doute est omniprésent, je n’ai pas mon entrain habituel, je prends mon temps à la transition et fais le choix de privilégier mon confort en enfilant un coupe vent. Ma stratégie sur le vélo est assez simple, elle se résume en un mot : gestion. Visiblement tout le monde n’a pas pris la même option car je me fais doubler par beaucoup d’athlètes. Je résiste à l’emballement général même si moralement ce n’est pas forcément facile à vivre. La première montée passée, le terrain devient plus favorable sur les balcons de la Durance. J’arrive bien frais au pied de l’Izoard que je monte au train constatant déjà que certains se sont peut-être vus trop beaux. Je récupère mon ravito perso au sommet quelque peu embouteillé mais je ne m’attarde pas. La descente est très rapide, je dépasse les 73km/h, le vélo vibre de toutes parts. La suite du parcours est connue, la côte de Pallon ne m’entame pas plus que ça, nous prenons le vent de face, parfois assez fortement et finalement, la ville d’Embrun se profile à l’horizon. Je n’en ai pas pour autant fini avec la petite reine, il me reste la montée de Chalvet. Je croise Juju, déjà parti sur la Cap, qui me semble en forme, nous échangeons nos encouragements. Il fait chaud dans Chalvet et cette ascension est interminable, je prends un coup au moral et je me demande vraiment où je vais trouver les ressources pour courir le marathon.

J’arrive dans le parc après 8h10 de selle, en même temps que Sébastien de Cormaris et Cyprien, ex-Versaillais. J’opte pour un changement intégral et je me transforme en traileur avec sac à dos et fiolles sur les pectoraux. Je ne veux pas être tributaire des ravitaillements et souhaite rester autonome au niveau de l’hydratation. Le démarrage est difficile, Cécile vient à mes côtés et essaye de me motiver. Je marche à l’approche du premier ravitaillement puis mon cerveau switch radicalement. Je décide d’arrêter de subir et de passer en mode conquérant. Il n’y a plus de place pour le doute, je suis caissu, je vais aller au bout. Je n’ai qu’une obsession, courir, je m’autorise la marche uniquement dans la montée la plus raide du parcours. C’est dans cette côte que Xavier vient m’encourager, lors de mon second passage. Il trouve les mots justes, extrêmement positifs et renforce ma motivation. Un peu plus loin, Charlotte et Fred en remettent une couche. Les encouragements de Cécile et des très nombreux supporters anonymes (la ville d’Embrun vit pour son triathlon, on sent que c’est une institution ici), me rendent encore plus fort. Malgré les douleurs articulaires, je ne lâche rien et remonte 90 places sur la Cap. Dans les 500 derniers mètres, un gars essaye de me doubler, je contre son attaque, il en remet une couche et se déclenche une crampe qui le stoppe net, je ne le reverrai plus. Je passe finalement la ligne après 14h08 minutes, en 412ème position après une course que je ne pouvais espérer meilleure. Sourire et émotion sont au rendez-vous de ce moment inoubliable.

William Mennesson également licencié au Stade Français a gagné la course depuis plus de 4h, performance exceptionnelle. 

Greg, Julien, Guillaume, Ludovic, Germain et Cyprien, Lionel, Laurent, Anthony, Cyrille, Vincent, Hervé, Adeline (très impressionnante), Damien, Julien, Pierrick, Laurent, Nicolas, Sébastien , Alexis, Antoine et Yvonnick sont tous finishers et garderons un souvenir impérissable de ce 15 août 2019. Merci à Charlotte pour le coaching aux petits oignons, à Xavier, Dorothée, Mickaël, Séverine et Jean-Marc pour les encouragements. Enfin, merci à Cécile pour son total soutien et pour continuer à partager avec moi cette passion plutôt folle.

A chacun son Graal !

La course en images ici : https://www.facebook.com/TrimaxMag/videos/731899017247587/

Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s