Triathlon Longue Distance de l’Alpe d’Huez, 24 juillet 2013

ArriveeJ’avais oublié à quel point c’était dur!!!

En 2010, j’avais aimé le CD de l’Alpe d’Huez.
En 2011, j’avais adoré le LD de l’Alpe d’Huez.
En 2013: « le LD de l’Alpe d’Huez m’a Tuer »

Mardi 23 juillet, milieu d’après-midi, nous débarquons à l’hôtel des Cimes (un nom qui en dit déjà long sur ce qui m’attend…), le temps de déposer vélos et valises et nous nous rendons au retirait des dossards. Un petit coucou à Juju et Michaël sur le stand Gü/2XU, Juju me vante les mérites du dernier Top de la marque Australienne : « Je le portais à Nice, tu verras, sur la cap tu ne le sens pas tellement il est léger et hyper respirant ». Tu m’étonnes, John, non seulement je ne vais pas le sentir ton T-shirt durant la cap mais c’est tout mon corps que je ne vais plus sentir… Je récupère mon dossard, numéro 407. Je ne suis pas un adepte de la marque du lion mais il faut avouer que le modèle coupé avait de la gueule à l’époque, ce n’est donc pas nécessairement un mauvais signe. Tiens, un stand d’osthéo/kiné, pas trop de monde, Cécile a mal à la hanche et moi à l’épaule, profitons de l’aubaine pour aller nous faire masser et soigner nos bobos. L’osthéo est sympa, elle y va mollo et arrive à me détendre les trapèzes, c’est toujours ça de gagner!
Resto italien, penne carbonara, comme à St Remy sur Durolle quelques années auparavant (mauvais présage?) puis tisane dans le camping car de Guy le gitan savoyard. Coucher vers 23h, pas d’accroc dans l’avant course, jusqu’ici tout va bien.

Mercredi 24 juillet, D-day, 8h15 dépôt des runnings dans le parc 2 puis descente en bike vers le parc 1. 9h00, Lac du Verney, grand soleil, belle ambiance, plateau de très haut niveau. Cécile est descendue pour m’encourager, elle se tapera la montée de l’Alpe en guise de préparation pour son CD du lendemain. Je retrouve Vincent Morizot, il porte le dossard 406 mais je sais que malgré son antériorité, son millésime est meilleur que le mien et que nos chemins ne vont pas tarder à se séparer. On s’encourage, Vincent est là depuis trois semaines, c’est SON objectif de la saison, sa copine et son papa sont venus l’encourager, il est gonflé à bloc!

9h30, départ de la course, Vincent et moi prenons un départ de M…E. Nous n’avons pas encore regagné la ligne située à environ 100m que les premiers sont déjà lancés pleine balle. Quelques coups de bras puis l’eau s’infiltre sur mon oeil droit. Je stoppe, vide, appuie, repars. 1 fois, 2 fois, 3 fois, 4 fois, je m’énerve, je ne vois que d’un oeil, fais Ch… L’eau est froide (14°) mais très supportable, à vrai dire, je m’attendais à pire. Je boucle ma nat en 41′ comme il y a deux ans, autant dire que je ne suis pas satisfait et qu’en plus je n’ai pas pris de plaisir.

10h15, départ pour le parcours vélo, ça drafte sur le plat, je refuse de me plier à ces pratiques de voyous et je préfère laisser filer les fautifs que je suis persuadé de récupérer dés le premier col venu. Nous y voila, l’Alpe du Grand Serre, une quinzaine de kms de grimpette, je suis frais, je monte pas trop mal, je ne suis pas dans la forme de ma vie mais je gagne plus de places que je n’en perds, signe que tout va plutôt bien. 55ème km, Guy me double, il ne m’a pas reconnu et semble surpris de me voir si tôt. Mon moral n’est déjà plus au top, l’envie commence à se faire la malle, je n’ai plus la gniac… Je capte une discussion sur l’avantage des jantes Carbone vs les jantes Alu : « Les jantes carbone, ça freine nettement mieux, y compris sous la pluie, en plus, aujourd’hui pour 150€ t’achètes des jantes carbone et tu montes des moyeux Mavic dessus et là, c’est le Top, et patati et patata… ». Je ne peux m’empêcher d’intervenir : « Je ne sais pas si c’est mieux mais moi je peux vous dire qu’avec mes jantes carbone, je flippe comme un dingue dans les descentes et que pour s’arrêter, ça demande un certain temps d’adaptation… ». Réponse de Mr Jesaistout : « A ben, c’est sûr, faut maîtriser son freinage ». Réponse du Tonio : « Blaireau, je me casse! ».

Velo 214h15 environ, le col d’Ornon est derrière mais il a laissé des traces, je suis déjà bien asséché malgré la douche que vient de m’administrer une bénévole. Je me suis arrêté au ravito de Bourg d’Oisan, histoire de recharger les bidons, l’Alpe d’Huez est là, c’est parti pour le SHOW! Je le sais, les premiers kilomètres sont durs, très durs, ce que je ne sais pas encore c’est que les suivants le seront tout autant. Je pense que mon effondrement démarre véritablement au virage 19 (soit au troisième, les virages étant numérotés dans un ordre décroissant). Le compteur ne dépasse pas les 8km/h. J’arrive au ravitaillo (et oui, désormais je parle comme Cyril car je viens de basculer dans l’univers des forçats du triathlon), un bénévole me tend un bidon, je le stoppe net : « T’énerve pas, j’ai le temps, je vais m’arrêter un instant ». Un autre bénévole me pose la fatidique question : « C’est dur? ». Ma réponse est sans surprise et manque quelque peu de précisions : « Oui ». Le bénévole se retourne et glisse discrètement (mais pas tant que ça…) à son pote : « La c’est le ventre mou de la course ». Je suis ANEANTI. Le calvaire se poursuit, mon objectif est simple, arriver en haut de cette mythique (Mon c.l) montée et balancer ce vélo que j’exècre plus que tout. La course à pied, ce sera derrière les barrières à regarder les autres, une cascade d’eau, je m’arrête et suis imité par un compagnon de galère. A ce moment de la course, on ne se parle plus, les regards suffisent, si on est encore sur l’Alpe à cette heure avancée de la journée, c’est fatalement qu’on est dans la mouise…

16h15, j’arrive au sommet de l’Alpe, je rentre dans le parc, j’ai mis 35′ de plus qu’il y a 2 ans mais la grosse différence c’est que je n’ai pas du tout mais alors pas du tout envie d’aller courir. Je pose mon vélo dans son rak, quitte mes chaussures, m’assied la tête dans les genoux et j’attends. Je repense à Chuong qui a abandonné il y a peu sur une course et qui disait regretter son geste quelques heures après. Je repense aux conseils d’un coach de notoriété mondiale : « Sur Iron, si tu n’en peux plus, tu t’arrêtes, tu te mets à l’ombre, tu fais une sieste mais surtout, t’oublies pas de mettre ton alarme… ». Je pense à ma Chérie… Et là, tout bascule, pourquoi, comment, je ne sais pas, j’enfile mes runnings et je pars. Pas à grandes foulées, pas même à petites foulées, je pars, en marchant, le regard sombre, la tête vide, je m’arrête au ravitaillo. Mon choix est fait, j’irai au bout, ça prendra le temps qu’il faudra mais j’irai au bout. Je fais le premier tour en plus de 50′, je traverse le parc et la, j’aperçois Cécile que je n’avais pas croisée depuis mon entrée dans l’eau. Elle n’est pas au mieux, elle a déjà alerté les 3/4 de l’organisation et est à deux doigts de déclencher l’alerte enlèvement. Elle me regarde abasourdi puis rapidement m’encourage avec ferveur. Je marche dans les côtes, cours dans les descentes et alterne sur le plat. Je boucle mon semi en 2h34 et passe la ligne après 9h21 de course. Je suis Finisher et c’est bien là l’essentiel, le speaker annonce mon nom, Julien arrive en courant avec un sourire jusqu’aux oreilles. Il n’avait plus de nouvelles depuis plus de 2h et m’imaginait perdu au milieu des Alpes. Cécile et Guy nous rejoignent, l’ambiance est Top, malgré la fatigue je savoure cet instant.

Finisher
Vincent est déjà la depuis un moment, il sauve l’honneur du Stade en signant une belle 80ème place en 7h10′ malgré des crampes en cap.

Analyses post-course :

Jo Try : « Enchaîner Nice et le LD de l’Alpe, c’est un challenge à la Anthony Anne! ». Commentaire : Il faut se rendre à l’évidence, n’est pas Anthony Anne qui veut ;O)

Bridget Jones, hôtesse d’accueil à l’hôtel des Cîmes : « One hour and a half more than two years ago, it’s not so bad because you’re two years older ». Commentaire : Thank you Bridget

Gipsy Guy : « Oh, la, la, la branlée que je t’ai mis!!! ». Commentaire : On en reparle après l’Inferno Guitou

Julien : 9h21, new world record!. Commentaire : Merki Juju, ton Top, le Top 

Cécile : « Je suis trop fier mon Chéri, c’est toi le plus fort! ». Commentaire : C’est sûr que ce n’est pas ma meilleure performance mais il n’est pas certain que ce ne soit pas une de mes plus grandes fiertés…

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Un commentaire pour Triathlon Longue Distance de l’Alpe d’Huez, 24 juillet 2013

  1. la sirène dit :

    J’adore le « cecile a déja alerté les 3/4 de l’orga , bravo encore toinou!!

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