La Revanche d’Hautacam

Tire la langueCourse : L’étape du Tour 2015
Lieu : St-Jean de Maurienne – La Toussuire
Date : 19 juillet 2015
Résultat : 4856ème / 15000 (32,37%)
Temps : 8h47’34 »
Taux d’auto-satisfaction : 50%

Il y a un an, Cécile et moi étions contraints à l’abandon après une pluie glaciale dans la descente du Tourmalet. L’étape du tour 2014 se terminait sur un abandon à quelques kilomètres de la montée d’Hautacam où était installée l’arche d’arrivée. Pas découragés pour autant, nous avons décidé de retenter l’aventure cette année, d’autant plus que la Savoie, région d’origine de Cécile, est à l’honneur avec ce parcours reliant Saint-Jean de Maurienne à la Toussuire.

A la lecture du profil de la course, 138 kilomètres et 4600m de dénivelé positif, le constat est simple, il ne faudra pas faire les malins. Cette impression est confirmée par notre reconnaissance du parcours (à l’identique, à l’exception de la montée de la Toussuire), que nous réalisons à J-8. 5h50 pour parcourir 100km, soit une moyenne de 17,7km/h, ça calme…. Avec moins de 2500km au compteur depuis le début de l’année et très peu de sorties en montagne, nous ne sommes raisonnablement pas prêts pour perfer sur ce genre d’épreuve. Les prévisions d’orage durant toute la semaine n’arrangent pas notre histoire et à la veille du départ, nous n’en menons pas large. La stratégie est simple, on y va très très cool, on fait l’étape en couple et on ne joue pas le maillot jaune. Un seul objectif : FINIR. Stéphanie, notre copine de club est également de la fête, elle nous rejoint sur Albertville la veille au soir.

Dimanche 19 juillet, 5h du matin, le réveil sonne, il ne faut pas trainer. J’avale mon 1/2 Gatosport qui vient compléter mes 3 jours de Malto (une première, c’est dire si je suis sûr de ma force…). Chargement des vélos et direction Saint-Jean de Maurienne, 45 minutes plus tard, nous sommes garés et rejoignons nos sas de départ. Nous sommes 15000 inscrits, ce qui créé une belle cohue sur le site. Départ à 7h26, montée des 15km du col de Chaussy en prenant le temps d’apprécier le paysage. Arrivée au sommet, les jambes sont comme neuves, nous attaquons la descente et là, dans les premiers kilomètres, c’est le bouchon. Trois concurrents ont eu un accident, ambulance et hélicoptère sont sur place et la course est neutralisée. Des crétins essayent de passer dans l’herbe sur les côtés ou de s’infiltrer derrière l’ambulance, il faut se rendre à l’évidence, la bêtise est partout ! Nous patientons une douzaine de minutes puis descendons au ralenti sur cette route étroite et surchargée. Pour ceux qui visaient un chrono, c’est raté… A ce jour, difficile d’avoir des informations sur l’état de santé des blessés, le Dauphiné annonce qu’il ne s’agit que de blessures légères, espérons que ce soit vrai.

CouplePlace à 20km de plat (ce seront les seuls). On se cale dans les roues et on attend que ça se passe. Cécile loupe un pack et doit faire chauffer les cuisses pour me rejoindre. Nous y voilà, nous sommes au pied de la plus grosse difficulté, la montée du Glandon suivie de la Croix de Fer, soit 22km à 7% de moyenne avec plusieurs kilomètres à 11%. Un gamin me tend la main, « Give me five ! » . Sa mère commente : « Ca ce sont les gars du pays ». A croire que j’ai une tête de savoyard, compliment ou insulte, à vous de juger. Lors de la reconnaissance, la fin du Glandon nous avait fait très mal aux jambes, au point de penser à revoir nos plateaux et cassettes (nous sommes en 52/36 et 11/28). Les premiers abandons apparaissent, les mecs rebroussent chemin et redescendent direct sur St Jean de Maurienne. Finalement, la stratégie « à l’économie » nous permet de passer la difficulté sans problème.Croix de Fer

14 km de descente et c’est reparti pour 6km de montée. Je ne crache pas mes poumons et passe le col du Mollard. Descente et aussitôt on remet les watts pour monter la Toussuire. Cette dernière plaisanterie, consiste à monter 18km à 6% avec un début plutôt raide sur 3km. C’est la cour des miracles, il y a des cyclos partout sur le bord de la route, en train de s’étirer ou de faire un petit roupillon récupérateur. Au ravitaillement intermédiaire, Cécile a un coup de mou, elle pense être en hypo. Je la motive et nous repartons, un peu plus loin, elle me crie qu’elle n’en peut plus et qu’elle va poser le pied par terre. Je lui ordonne de continuer. Ses voisins de galère lui disent que je suis « intransigeant ». Peu importe, elle avale ses pâtes de fruits et continue.

J’atteins le sommet 8h47 après le départ (7h49 de course et 58’ d’arrêt ou ravitaillement), en 4856ème position, sur 9877 finishers. J’ai encore le sourire et je ne ressens aucune douleur musculaire, pas de sensation de ras le bol durant toute la course, c’est Top. A noter que 3000 concurrents ne se sont pas présentés au départ et qu’environ 2000 ont abandonné. Cela donne une idée de la difficulté de l’épreuve… A suivre vendredi prochain la même étape parcourue par les pros du tour de France. Pour éviter tout soupçon de dopage, je communique mes données de course, ma Fréquence Cardiaque Moyenne est de 135 bpm et ma Puissance Moyenne estimée par Strava est de 145 watts, je suis encore loin des 413 watts de Chris Froome…

ArrivéeCécile arrive 3 minutes après moi et Stéphanie vient également à bout de ce monument du cyclisme. Nous sommes tous trois finishers, en bon état de forme, nous pouvons amorcer les 21km de descente qui vont nous ramener à Saint-Jean de Maurienne.

Mention spéciale à Guy, le frère de Cécile qui se déchire la tronche (comme d’hab) en 7h19 et à Anthony de l’ATT, finisher en 8h39.

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